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L’osier : Objet déco et savoir-faire artistique qui traverse les années

panier en osier famille picnique

À la fois moderne et rustique, l’osier est une tige de la plante du saule qui offre de superbes possibilités décoratives.

Le travail des fibres végétales de l’osier vivant relève de la vannerie.

L’osier est d’ailleurs, le matériau de premier choix pour réaliser cet art artisanal et ancestral. La vannerie désigne le tressage précis de ces lames naturelles et dessine des nasses,  paniers, corbeilles, nattes, chapeaux…

Sa couleur dorée apporte une touche chaleureuse aux intérieurs et son histoire apporte une valeur supplémentaire à cet objet utile comme esthétique. L’osier tressé aussi une touche déco bord de mer chic, remise au goût du jour !

Souvent associé au rotin, dont les lianes permettent une cannage et un tressage tout aussi robuste, l’osier se distingue par sa taille courte mais affutée.

Véritable joyau Français, ce métier en voie de disparition est extrêmement valorisé à Fayl Billot, un petit village de la Haute-Marne (52).  Il est considéré comme étant la capitale de la vannerie en France depuis 1636.

Rétrospective sur une plante incroyable qui se fraye une place remarquable dans le patrimoine Français.

L’osier est le nom donné aux longues et jeunes tiges des saules, un arbre faisant partie de la famille des Salicacées. Elle comprend environ 360 espèces d’arbustes et arbrisseaux, réparties à travers le monde. 

Les saules se plaisent particulièrement dans les zones fraîches et humides des régions tempérées et froides de l’hémisphère Nord. 

Des clos sont même spécialement conçus pour qu’ils prospèrent d’années en années. On les appelle des saulaies, saulées ou encore oseraies.

À l’œil, le saule se caractérise par sa grandeur bâtie dans des sols humides. En France, on retrouve ces plantes d’osier en haies rangées le long des routes, dans des parcs ou à proximité des plans d’eau où il sert de stabilisateur de berges. Cet arbre est facile à vivre. Il ne demande que de la fraîcheur et du soleil.

Le plus connu et cultivé pour l’ornement est l’indétrônable saule pleureur.

L’osier résulte de ces variétés dont les jeunes pousses de saules souples sont obtenues par une coupe hivernale annuelle.

osier panier a légumes jardin

Comment se déroule la culture de l’osier ?

Une multitude de variétés et de tiges d’osier sont exploitées à travers le monde pour être tressée.

En France, dans les archives territoriales, la première osiericulture est apparue en 1636 en Haute-Marne

Jusqu’en 1929, cette région domine largement la production nationale avec plus de 780 hectares de plantation d’osier. C’est devenu un emblème du canton qui organise chaque année la Fête de la Vannerie.

Bien qu’il existe près de 360 espèces de saules, 3 types d’arbres se prêtent davantage à la vannerie : 

  • Le Saule Noir de Villaines (Salix Trianda). Surnommé l’Osier brun, il représente le saule le plus prisé en vannerie. Ses rameaux longs et peu ramifiés sont idéaux pour la réalisation de panier. 
  • Le Saule Jaune de Falaise (Salix Alba). L’Alba Oeil offre un osier aux brins forts, minces et assez flexibles. Il est très convoité pour sa petitesse et sa qualité dont la couleur dorée est orange sur les extrémités. 
  • Le Saule Blanc (Salix Alba). Aussi appelé Alba Vitellina, ce saule est très recherché à l’état de piquet (pieux vivants). Il est très résistant et permet une fente nette pour le tressage plat. Sa couleur après séchage oscille du marron au noir.
  • Le Saule Rouge Fragilis (Salix Fragilis). Les rameaux de cet arbre livrent d’excellents brins pour la réalisation de lien et finition des objets décoratifs. Les tiges d’osier sont de très belle qualité pour stabiliser les structures.

Quelle est la vraie différence entre l’osier et le rotin ?

On a souvent tendance à confondre, l’osier, le rotin voire même les fibres de bambou. Et pour cause, les fabricants emploient l’osier et le rotin ensemble de manière à compléter leurs avantages dans la conception d’un outil ou d’un objet décoratif

Les vanneries d’osier sont principalement tressées alors que les vanneries de rotin sont destinées à être tressées et spiralées.

L’osier se distingue par une texture très maniable et flexible dont la fibre pousse sans nœuds. 

Alors que le rotin est une tige pleine qui peut se courber facilement et garde un cintrage parfait lorsqu’il est refroidi. De plus, il résiste bien à l’humidité et aux écarts de température. Ce qui fait qu’il peut être stabilisé à l’intérieur comme à l’extérieur. 

Ce qui n’est pas le cas de l’osier dont les fibres sont beaucoup plus fines et cassantes.

De leur côté, les vanneries de bambou sont les plus robustes. Le bambou permet de supporter des charges lourdes ce qui le rend très présent sur les structures de mobiliers, nappes, spiralées et tressées. Il se prête plus à la création de mobilier, de têtes de lit ou de salons de jardin. Ces structures sont souvent complétées par la présence de fibres d’osier ou de rotin portant la même teinte.

panier à légumes réalisé en osier

Panier à légumes réalisé avec des brins d’osier

sac à main et bandouliere faite en rotin

Sac à bandoulière au tressage de fibres de rotin

chaise suspendue bambou

Chaise suspendues aux armatures faites de bambou

Comment se préparent les tiges d’osier ?

Généralement, la récolte des rameaux des saules s’étend de la mi-Novembre jusqu’à la fin Février (pour certaines variétés). 

Les jeunes pousses de saules sont coupées en hiver afin de pouvoir sécher tout le printemps et être facilement travaillées. Ce feuillage à forte solidité permet de créer brise-vue, corbeille, cabanes, etc.  

Jadis, le ramassage était effectué à la serpe pour préserver les ramifications.

De nos jours, les coupes arbres ont remplacé cette tradition. Après récolte, les osiers sont triés par longueurs dites “utiles”. C’est-à-dire que les brins sélectionnés varient de 0,60 m à 2,40 m. 

Ensuite, les tiges d’osier sont mises en bottes et classées par type de séchage. 

  • Les osiers de nature verte sont laissés à l’air libre.
  • Ce qui est très différent pour les brins d’osier blanc qui réclament une tenue verticale, pieds dans l’eau pour ôter l’écorce qui se formera au fil des mois. 

À l’issue de ce temps de maturation, l’osier peut être utilisé à l’état rond ou fendu si leur extrémité est trop fragile. Ces lamelles amincies portent alors le nom d’éclisses et viennent orner les finitions et les petits interstices du matériau réalisés en osier. 

Juste avant d’être mise en œuvre, les tiges d’osier sont assouplies à l’aide d’un bain d’eau fraîche. Cela rend les brins plus souples et plus faciles à travailler.

Comment l’osier est-il travaillé par le vannier ?

L’art de tresser l’osier provient d’une tradition séculaire très répandue lors de la période médiévale et qui s’est poursuivie jusqu’à nos jours.

Le terme vannier apparaît peu de temps après, lorsque ce travail est honoré comme un véritable métier d’artisanat.

Les vanniers étaient considérés comme ayant un talent facilitateur pour les récoltes et les étuis à armements. Ils réalisaient couramment des hottes, des lances, des arbalètes et des fourreaux. 

Le métier de vannier demande une dextérité et une souplesse importantes. En effet, lorsque les rameaux d’osier avoisinent les 2m40, les manipulations demandent une agilité et une minutie assez exigeantes. Pour construire de telles œuvres, ils débutaient par une base que l’on appelle sellette. Elle était utilisée comme support sur lequel le vannier venait implanter un poinçon.

vannier panier osier
osier vannerie

Aujourd’hui, les sellettes sont toujours l’essence même d’une conception. Elles disposent de longueurs irrégulières et sont généralement plus courtes à l’arrière et plus longues à l’avant en fonction de l’objet qui sera réalisé.

La confection d’un panier rond le plus basique soit-il, demande près d’une centaine de brins d’osier de différentes longueurs. Une oseraie bien structurée et fournie est indispensable.

Le tressage d’un article en osier commence toujours par le bas. Le démarrage est une partie de tressage qui pivote doucement les brins les uns entre les autres, tout en articulant la liane.

Ensuite, diverses techniques peuvent opérer : Soit une vannerie spiralée cousue, des bandes nattées, un œil de Dieu ou encore la méthode du hochet.

Ces ornements finissent par développer un objet parfaitement résistant et qui pourra recevoir tout type de d’éléments à transporter.

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