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Dauphin, requin, pingouin… Quels mammifères marins peut-on croiser sur la côte Atlantique ?

dauphin au pied des bateaux sur la côte Atlantique

Il vous est peut-être déjà arrivé de croiser des dauphins, des requins, des phoques ou même des pingouins dans l’une des stations balnéaires de la côte Atlantique (métropolitaine) ?

Même si cela reste extraordinaire, il faut reconnaître que ces mammifères marins sont peu familiers de la côte Atlantique métropolitaine.

Et pour cause, les températures sous-marines sont loin des climats exotiques que la plupart d’entre eux affectionnent.

Puis, l’océan Atlantique qui borde la France n’est pas  non plus réputée pour ses eaux transparentes, où l’on voit les animaux circuler discrètement.

Pourtant, une quinzaine d’espèces aquatiques circulent au niveau des côtes du littoral Atlantique. Certaines sont présentes en permanence (Pingouin torda, dauphin commun…) alors que d’autres se font plus rares.

Effectivement, les plus chanceux pourront apercevoir des orques, des mésoplodons de Sowerby, voir des cachalots… Mais les mammifères majoritaires restent les dauphins communs et quatres autres sous-famille de delphinidés.

Pour vous donner un avant-goût des potentielles rencontres que vous pourrez faire en bord de mer, nous avons décidé de vous livrer les mammifères et leurs coins de prédilection pour vivre un moment incroyable.

Plongée dans l’océan pour vous imprégner d’une faune exceptionnelle sur les bords de la côte Atlantique.

La baleine de Cuvier – Ziphius cavirostris

Ce mammifère marin se distingue par son bec court et sa petite tête. Visuellement, la baleine de Cuvier se rapproche du dauphin avec son corps filiforme, bien que son gabarit atteigne celui des baleines communes. Sa taille varie de 6 à 7 mètres à l’âge adulte pour un poids de plusieurs tonnes.

La baleine de Cuvier est le cétacé pélagique pouvant plonger le plus profondément et le plus longtemps possible. 

Avec une pointe à près de 3000 mètres et une durée de 3 heures sans remonter à la surface, elle dispose d’une belle capacité à l’apnée.

La baleine de Cuvier est très friande des céphalopodes (seiches, calamars, pieuvres…) et de petits poissons qu’elle avale au fil de ses déplacements.

baleine de cuvier

Où voir la baleine de Cuvier ?

La baleine de Cuvier est une espèce permanente de l’océan Atlantique même si elle reste discrète et a été peu observée. Elle est visible aux abords des eaux profondes et relativement chaudes comme la côte Basque, et le Golfe de Gascogne.

Frileuse, la baleine de Cuvier ne s’aventure pas au-delà et n’a jamais été observée au niveau de l’Atlantique Nord.

La baleine de Sowerby – Mesoplodon bidens

La baleine de Sowerby est la première baleine à bec décrite pouvant ressembler aux espèces de delphinidés. Avec sa couleur grise claire, effectivement, le doute peut être permis au premier abord.

Cependant, la baleine de Sowerby présente une silhouette bien plus proéminente se rapprochant donc des espèces de baleines.

La taille adulte de la baleine de Sowerby fait environ 5 mètres pour un poids compris entre 1 000 et 1 300 kg.

De plus, le bec de cette baleine est moyennement long avec un melon légèrement convexe. 

Autre fait qui démarque cette espèce de cétacés, c’est son comportement solitaire. Il est rare de l’observer dans un groupe dépassant les 8 à 10 individus.

Où voir la baleine de Sowerby ?

La baleine de Sowerby vit dans l’ouest de l’océan Atlantique Nord. Il flirte entre les eaux froides à tempérées qui s’étendent du Labrador (Ouest de l’Atlantique) jusqu’à la mer de Norvège (Est). 

Il lui arrive de descendre au niveau du Golfe de Gascogne si les températures chutent brutalement. Ce cétacé peut donc s’observer au large de la Bretagne jusqu’au cœur des Landes dans les eaux de 200 à 1 500 mètres de profondeur.

Le grand dauphin – Tursiops truncatus

Le grand dauphin se démarque par sa couleur d’un superbe bleu uni. Il existe deux populations de grands dauphins : L’espèce pélagique qui vit en haute mer, et l’espèce côtière qui sillonne les façades maritimes.

Très dynamique, le grand dauphin peut atteindre une vitesse de 50 km/h malgré sa masse corporelle pouvant atteindre les 115 kg.

Sur la côte Atlantique, il peut aussi y avoir la présence du dauphin commun à la peau bicolore, du dauphin bleu et blanc, et du dauphin de Risso dont le corps dodu atteint 600 kg précédé d’une tête plate (sans bec).

Où voir le grand dauphin ?

Le dauphin est un cétacé très sociable. Il adore poursuivre les bateaux et se donne fréquemment en spectacle au niveau des navettes maritimes qui relient le continent aux îles littorales.

La pointe du Finistère Sud, l’enceinte de la presqu’île de Quiberon, la côte Vendéenne, l’archipel des îles Charentaises, le bassin d’Arcachon et la côte Basque… En bref, vous avez de fortes chances de le rencontrer en naviguant sur l’océan.

Le grand cachalot  – Physeter macrocephalus

Le grand cachalot que l’on appelle couramment cachalot (macrocéphale), est le plus grand cétacé à dents.

D’une taille moyenne de 15 mètres de long, certains mâles adultes mesurent jusqu’à 20,5 mètres pour un poids de 57 tonnes.

Ce gabarit fait du grand cachalot le plus grand carnassier au monde. Il est capable d’avaler environ 3% de son poids corporel par jour. Pour cela, le cachalot n’a pas l’appétit difficile : céphalopodes, mollusques, poissons divers… Mais aussi thon, phoques, éléphants de mer, et parfois même des requins !

La tête du cachalot est proéminente. Pour autant sa petite structure en forme de museau de singe crée des sons puissants de 230 décibels par pression acoustique qui sont très assourdissants pour les autres espèces.

Où voir le grand cachalot ?

Le grand cachalot s’observe au niveau des eaux les plus chaudes de l’océan Atlantique métropolitain. 

De ce fait, le Golfe de Gascogne reste un lieu privilégié où les mâles se promènent seuls. Les femelles et les petits préfèrent nicher dans les eaux plus chaudes.

Au large de Saint-Jean-de-Luz, de Biarritz et de Capbreton, de nombreuses espèces peuvent être observées avec un peu de patience.

Le globicéphale noir – Globicephala melas

D’allure trapue, le globicéphale noir possède une tête globuleuse. Il s’agit d’un cétacé appartenant à la famille des delphinidés (dauphins). Bien que ce soit une espèce aquatique, ils ne plongent pas plus de 10 minutes dans les confins marins.

Le globicéphale noir est une espèce particulièrement grégaire. En général, ils vivent par centaines où les mâles se disputent régulièrement le rôle de dominant séducteur auprès des femelles.

Pour se nourrir,  les globicéphales ne cherchent pas la complexité. Ils optent pour des bancs de plusieurs espèces de poissons, ou de calamars.

Où voir le globicéphale noir ?

Le globicéphale noir apprécie les eaux fraîches de la côte Atlantique.

En 20 ans, cette espèce océanique a pu être observée près de 247 fois dans le Golfe de Gascogne. Ce sont des explorations remontées par les agents des douanes, des marins-pêcheurs ou de simples plaisanciers…

Il est donc fortement possible de croiser une globicéphale noir au niveau du bassin d’Arcachon jusqu’aux côtes Basques Espagnoles.

Le marsouin commun – Phocoena phocoena

Les marsouins sont de petits cétacés d’environ 2 mètres de long. Longtemps appelé cétacé-cochon, il porte aussi parfois le nom de cochon de mer à cause de son faciès rond.

Le crâne du marsouin est peu protubérant. Son court museau est recouvert par une bosse adipeuse caractéristique de cette espèce aquatique.

De plus, le marsouin est facilement reconnaissable par une face dorsale supérieure de couleur noire et une face inférieure ventrale entièrement blanche. Sa nageoire caudale d’une largeur d’environ 60 cm est très puissante. Elle lui permet de se faufiler furtivement à la recherche de poissons gras comme le saumon, le hareng, le maquereau et les sardines… Pour autant, il ne délaisse pas les crustacés et les céphalopodes (poulpes, seiches, calamars).

Où voir le marsouin commun ?

Le marsouin commun côtoie les eaux tempérées à la recherche de courants chauds où circulent les poissons grégaires.

Ainsi, il est capable de remonter le long de la façade Atlantique jusqu’au niveau du Finistère où les harengs et les maquereaux prolifèrent.

Vacant souvent en surface, le marsouin est aussi perceptible en naviguant le long des côtes du Morbihan, de la Vendée et de la Charente-Maritime.

Le pingouin torda – Alca torda

Le pingouin torda surnommé aussi petit pingouin, fait partie de la famille des oiseaux de mer. En effet, contrairement aux manchots (penguin natifs), le petit pingouin peut se déplacer en volant.  En revanche, leurs pattes palmées pour nager leur donnent beaucoup de mal pour marcher.

Cette adorable petite espèce d’oiseaux arbore un plumage noir sur l’ensemble externe du corps et blanc au niveau du ventre de la poitrine.

Pour se nourrir, le pingouin torda utilise ses ailes comme nageoires afin de plonger et dégoter des poissons dont les mouettes et les goélands n’ont pas accès. 

Où voir le pingouin torda ?

Le pingouin torda est très présent en hiver, le long des côtes Bretonnes principalement. Il vient en colonie nicher sur les falaises littorales pour retrouver le guillemot de Troïl, une autre espèce d’oiseaux marins.

Toutefois, il est possible d’en apercevoir jusqu’au niveau du bassin d’arcachon si les températures hivernales descendent régulièrement et avoisinent le 0°.

Le phoque gris – Halichoerus grypus

Le phoque gris est un mammifère marin très opportuniste. Il vit en colonie ce qui lui donne l’aplomb de venir s’abriter où le cœur lui en dit. 

Sa silhouette possède une bonhomie très attrayante. Le phoque possède de petits yeux noirs tout presque noyés dans le reste du corps. Ses pattes sont palmées, plutôt larges, courtes et épaisses, ce qui engendre une démarche mal assurée.

Le menu du phoque gris est très varié. Il mange absolument toutes sortes de poissons côtiers et hauturiers, ainsi que quelques mollusques et cétacés.

Ce qui entretient son aspect rondouillard typique à cette espèce marine dont les mâles peuvent atteindre un poids massif de 300 kg. 

Pour fuir ses prédateurs (Ours polaire, requins, orques…), le phoque gris trouve refuge sur les îles aux pics rocheux acérés.

Où voir le phoque gris ?

Le phoque gris vit uniquement dans des zones tempérées de l’Atlantique Nord. Il est visible facilement sur les façades côtières, mais aussi dans les estuaires sablonneux que les îlots rocheux. 

L’île d’Ouessant et l’archipel des îles Molène comptent de superbes colonies de phoques gris tout au long de l’année. On peut également en voir au Sud du Golfe de Gascogne.

Peu farouche, il peut lui arriver de s’habituer à la présence humaine en délaissant ses origines aquatiques. Citons par exemple l’année 2015 où le phoque You avait été l’attraction en Gironde.

L’orque – Orcinus orca

Aussi nommé épaulard, l’orque est un cétacé à dent emblématique. C’est la plus grande espèce de la famille des delphinidés.

Son marbrage bicolore s’étends en majeure partie sur du noir en étant contrasté un ventre blanc et une tache blanche derrière et au-dessus de l’œil.

D’une taille d’environ 8 mètres de long pour une masse de 6 à 9 tonnes, l’orque s’impose par un instinct dominant très fort. 

La majestuosité de ce mammifère marin n’en fait pas moins l’un des plus grands prédateurs de nos océans. Phoques, morses, lions de mer, et même baleineaux, tout est susceptible d’être un frugal aux yeux des orques.

Où voir un orque ?

L’orque est un cétacé en voie d’extinction à l’état sauvage. Il reste très présent autour des océans arctiques et austral. Toutefois, certaines orques solitaires peuvent se détacher et faire partie d’une population nomade. C’est le cas des orques présentes sur la côte Atlantique métropolitaine. 

Elles font partie des espèces d’orques les plus petites et les plus silencieuses qui déambulent dans les littoraux à fortes profondeurs comme le Golfe de Gascogne.

Le requin bleu – Prionace glauca 

Dénommé le peau bleu, ce requin porte bien son nom. Sa peau d’un bleu grisonnant recouvre cette espèce sur une longueur de 4 mètres lorsqu’il atteint l’âge adulte.

Le requin bleu à tête fine et un corps très effilé. Il apprécie l’isolement de ses congénères et les eaux d’une température comprise entre 7 °C et 16 °C.

À ce titre, il arrive d’en croiser quelques-uns le long des berges de la côte Atlantique.

Rassurez-vous, cette espèce de squale est absolument inoffensive pour l’homme

Le requin bleu se nourrit de céphalopodes (calmars, seiches, pieuvres…), de crustacés (crabes, homards, crevettes…) mais aussi de gros de poissons (thons, morues…) qu’il déchiquette en groupe afin de partager la trouvaille.

Où voir le requin bleu ?

Les plus jeunes espèces de requin bleu s’approchent régulièrement des côtes. Il s’expose régulièrement au large des passes du bassin d’Arcachon. Il a été aperçu à plusieurs reprises au niveau de La Teste-de-Buch, du banc du Toulinguet, de la plage Pereire… 

Mais également devant des plages des Landes vers Mimizan et Lacanau. Il lui arrive aussi de remonter parfois jusqu’à La Rochelle et l’île de Ré pour jouer les troubles fêtes.

Le rorqual commun – Balaenoptera physalus

Après la baleine bleue, ce cétacé d’une longueur approximative de 20 mètres est le deuxième plus grand animal vivant sur la planète.

Il s’agit d’une espèce aquatique qui compte également une longévité exceptionnelle. Pouvant vivre une centaine d’années, le rorqual est pélagique.  Il parcourt une distance d’environ 300 km par jour ce qui implique une vitesse de mouvement de 40 km/h.

Il se distingue par sa forme très allongée et peu élancée. Son dos est gris foncé pouvant tendre jusqu’à une teinte marron. Le rorqual est remarquable par la couleur plus foncée de son flanc gauche et sa masse de 50 tonnes.

Dans l’océan Atlantique, il peut aussi y avoir la présence du petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata). Plus discret, son poids à l’âge adulte n’excède pas les 2 tonnes.

Où voir le rorqual commun ?

Souvent rencontré très au large des côtes de la façade Atlantique, il peut arriver que le rorqual commun et le petit rorqual se rapprochent.

Leur migration permanente et leur attrait pour une forte quantité de nourriture implique des excursions parfois incongrues.

Leur présence a été constatée à de multiples reprises au niveau du Morbihan, de la Loire-Atlantique et de la Charente-Maritime en quête de harengs et de sardines.


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